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Le lombric et la vipère

Auteur : Chibani

LE LOMBRIC ET LA VIPERE

Dame Vipère se dorant gentiment au soleil,
Par de la terre remuée, soudain se réveille
Et, déjà par nature, d'humeur très méchante,
D'être dérangée ainsi, n'a rien qui l'enchante.

- N'as-tu pas d'autre lieu pour fouir ton ouvrage,
Penses-tu que je n'en prenne pas ombrage,
Dit-elle courroucée au minuscule ver de terre
Qui dessous son ventre, remuait la terre

Maitre Lombric, d'apparence des plus bonasses,
Préféra toutefois que chacun garde sa place,
Et n'ayant pas non plus un caractère agréable,
Il lui répondit d'un ton désagréable.

- S'il vous plait, Madame, modulez votre diapason,
Car comme vous, je suis sans pattes et bien rond,
A la différence près que vous restez en surface,
Alors que je creuse, je fore et je m'efface.

- En voilà un vilain tout nu et sans écailles
Qui me fait la morale et en plus me raille !
Sais-tu petit nabot, minuscule ***
Qui ne m'arrive même pas au menton,
Qu'il me suffirait d'une poussière de mon venin
Pour te châtier et te priver de lendemain.

De paroles en invectives, le ton montait,
De ce remue-ménage, d'autres bêtes arrivaient,
Sympathisantes, complices ou ennemies,
Dont nos deux compères n'avaient pas le souci.

Ils auraient dû pourtant être vigilants,
Car d'en haut d'un arbre, prenant son élan,
Un épervier s'emparait de la pauvre vipère
Alors qu'un hérisson mangeait le ver de terre.

Il n'y a pas de puissants, on est tous vulnérables,
Il n'y a qu'à relire les morales des fables,
Et si nos deux compères l'avaient observé,
A leurs petits-enfants, ils pourraient les conter.

Chibani
Poème publié 8 Janvier 2009

 

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